Le trading en ligne : cadre légal, risques et dérives juridiques.


L’essor des plateformes de trading en ligne a démocratisé l’accès aux marchés financiers pour les particuliers. Cryptomonnaies, CFD (contrats sur la différence), forex ou encore options binaires sont aujourd’hui accessibles en quelques clics. Mais cette accessibilité accrue s’est accompagnée d’un développement préoccupant de pratiques déviantes, souvent à la frontière de la légalité, voire purement frauduleuses.

L’objectif de cet article est de présenter le cadre juridique applicable au trading, d’identifier les principaux risques pour les investisseurs particuliers, et de mettre en lumière les dérives rencontrées en pratique, tant sur le plan civil que pénal.


1. 🏛️ Le cadre juridique applicable au trading.

a. La réglementation européenne et nationale.

Le trading en ligne est encadré par plusieurs textes, au niveau européen (MiFID II, règlement PRIIPs, etc.) et français (Code monétaire et financier, réglementation AMF). Les prestataires de services d’investissement (PSI) doivent être agréés ou enregistrés auprès de l’Autorité des marchés financiers (AMF) ou de l’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR).

b. Les obligations des prestataires.

Les plateformes réglementées doivent notamment :

  • Vérifier l’adéquation du produit au profil du client (obligation de conseil).
  • Fournir une information claire et non trompeuse.
  • Respecter les règles de bonne conduite.
  • Prévenir les conflits d’intérêts.

2. ⚠️ Dérives et pratiques frauduleuses dans le trading.

a. L’abus de confiance par des « traders » non agréés.

De nombreuses personnes physiques ou entités non autorisées se présentent comme des « traders professionnels », promettant des rendements très élevés. Une fois les fonds confiés, ces pseudo-investisseurs les détournent pour un usage personnel, souvent via des montages opaques. Il s’agit, dans ce cas, d’un abus de confiance au sens de l’article 314-1 du Code pénal, voire d’escroquerie (article 313-1 C. pén.).

b. L’exercice illégal de l’activité de prestataire de services d’investissement.

L’article L. 573-1 du Code monétaire et financier punit l’exercice illégal d’activités financières sans agrément d’une peine de 3 ans d’emprisonnement et 375 000 € d’amende. Il en est ainsi lorsqu’un « trader » gère de l’argent pour le compte de clients sans être enregistré auprès de l’AMF.

c. Les plateformes frauduleuses.

Certaines plateformes fictives imitent des interfaces de courtage connues pour tromper l’utilisateur. Une fois les dépôts réalisés, le contact devient impossible. Ces cas relèvent de l’escroquerie, et les victimes peuvent se constituer parties civiles dans une procédure pénale.


3. 👨‍⚖️ Que faire en cas de préjudice subi ?

a. Mise en demeure et contentieux civil.

En cas de manquement contractuel ou d’abus, la victime peut adresser une mise en demeure au « trader », puis engager une action en restitution ou en responsabilité civile devant les juridictions compétentes.

b. Plainte pénale.

Si les faits relèvent d’une infraction pénale (abus de confiance, escroquerie, blanchiment…), une plainte peut être déposée auprès du procureur de la République, ou directement au commissariat.

c. Signalement à l’AMF.

L’AMF met à disposition une liste noire des sites frauduleux et dispose d’un service de signalement pour les arnaques liées aux investissements en ligne.


Conclusion : 

Le trading en ligne, bien qu’encadré juridiquement, reste un terrain fertile pour les abus de confiance, les manquements aux obligations professionnelles et les escroqueries organisées. Il est essentiel pour les particuliers de vérifier l’agrément des plateformes et des opérateurs, et de rester vigilants face aux promesses de gains rapides.

En cas de doute ou de préjudice, une consultation juridique s’impose afin d’engager les actions appropriées en justice.